Certains escrocs volent discrètement. D’autres braquent des banques. Mais Victor Lustig, lui, a fait mieux : il a vendu la Tour Eiffel. Deux fois. Et ce n’est que le début de ses exploits. Cet homme, qui parlait cinq langues et possédait 22 fausses identités, a même réussi à escroquer Al Capone sans que le gangster ne s’en prenne à lui. Plongez dans la vie fascinante de l’un des plus grands escrocs du XXe siècle.
Un imposteur de haut vol
Victor Lustig naît en 1890 en Bohême, dans l’actuelle République tchèque. Fils d’un bourgeois, il reçoit une éducation brillante. Très vite, il développe un talent pour le langage, l’observation et surtout la manipulation. Sur les paquebots transatlantiques, il se forge une réputation de comte raffiné, aristocrate exilé ou homme d’affaires cosmopolite.
Il maîtrise l’art de se fondre dans les élites, de comprendre les faiblesses humaines… et de les exploiter avec style. Son credo : on ne force jamais, on laisse la victime se convaincre elle-même.
Les Dix Commandements du Con Man
Selon la légende, Lustig aurait rédigé ses propres règles : les Dix Commandements de l’escroc. Parmi eux :
- Ne te vante jamais
- Écoute plus que tu ne parles
- Sois toujours patient
- Fais croire que c’est l’autre qui a eu l’idée
Un mélange de psychologie, de silence stratégique… et d’élégance absolue.
1925 : la Tour Eiffel… à vendre !
À Paris, en 1925, la Tour Eiffel coûte cher à entretenir. Un article évoque l’hypothèse de sa démolition. Victor Lustig y voit une opportunité en or.
Il se fait passer pour un haut fonctionnaire du ministère des Postes, convoque plusieurs ferrailleurs parisiens dans un hôtel de luxe et leur annonce que la Tour va être discrètement vendue à la ferraille.
André Poisson, l’un des ferrailleurs, est séduit. Il paie Lustig une somme conséquente pour obtenir le « contrat exclusif ». Le lendemain, Lustig est déjà en Autriche. Poisson, honteux, ne porte jamais plainte.
Quelques mois plus tard, Lustig revient pour retenter l’arnaque. Mais cette fois, un ferrailleur plus malin alerte la police. Lustig échappe de peu à l’arrestation.
Le coup d’Al Capone
Aux États-Unis, Victor Lustig s’attaque à un autre monument : le parrain Al Capone. Il lui demande un investissement de 50 000 $, promet un rendement élevé… puis revient deux mois plus tard en prétendant que l’opération a échoué. Il rend l’argent à Capone.
Impressionné par cette “honnêteté”, Capone lui offre 5 000 $ de récompense. Lustig l’avait piégé… en faisant mine d’être honnête.
La machine à imprimer de l’argent
Autre coup célèbre : la fameuse machine à imprimer des billets. Lustig vendait une boîte prétendument capable de produire des billets de 100 $ toutes les six heures. En réalité, elle contenait deux vrais billets dissimulés.
Le temps que l’acheteur se rende compte de la supercherie, Lustig avait déjà disparu… avec des dizaines de milliers de dollars.
22 identités… et une dernière tentative à Alcatraz
Arrêté en 1935, Lustig est trouvé avec 22 fausses identités. Transféré à Alcatraz, il tente encore d’escroquer le directeur de la prison. Il meurt en 1947 d’une pneumonie, sans avoir perdu son élégance ni son mystère.
Une légende vivante
Victor Lustig n’a jamais braqué une banque, jamais blessé qui que ce soit. Il a manipulé, bluffé, inventé. Il a compris que le vrai pouvoir, ce n’est pas la force… mais l’illusion bien maîtrisée.
Et vous, Les Cultivés, auriez-vous cru à la vente de la Tour Eiffel ? Ou à la machine à billets ? Dites-le-nous en commentaire !
Sources fiables :
- Smithsonian Magazine – “The Man Who Sold the Eiffel Tower. Twice.”
- FBI Records – Victor Lustig
- The Big Con de David Maurer (1940)
- Biography.com – “Victor Lustig”
- BBC Archive – “Victor Lustig: The Man Who Fooled the World”
- National Geographic – History’s Greatest Con Artists
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